sam. 05 mars | Eglise Saint-Léger

Conon de Béthune et compagnie...

Chansons des trouvères d’Artois (XIIe et XIIIe siècles)
Les billets ne sont pas en vente
Conon de Béthune et compagnie...

Heure et lieu

05 mars 2022, 20:30
Eglise Saint-Léger, Rue Achille Châtelet, 62199 Gosnay, France

À propos de l'événement

Nos poètes sont issus de toutes les régions où l’on parle les différents dialectes de langue d’oïl, ce qui constitue une vaste aire géographique englobant toute la France du nord et le sud de la Belgique actuelle. Certaines provinces ont joué en la matière un rôle prépondérant, et l’on retrouve leurs traits dialectaux dans les chansons des auteurs issus de ces régions : Picardie, Champagne, Lorraine… L’Artois et la ville d’Arras en particulier constituent de véritables viviers avec un nombre considérable de trouvères et de chansons que nous ont transmis les manuscrits, appelés « chansonniers ». De fortes personnalités en sont issues et notre programme donne une large place à Conon, un des fils cadets de Robert V, seigneur de Béthune. Conon s’est illustré au cours de deux croisades, la première dans la suite de Philippe Auguste, rentré prématurément et laissant seul Richard Cœur de Lion en Palestine, la seconde fois en jouant un rôle tout à fais prépondérant au cours de cette funeste expédition qui prit Constantinople en 1204. Ce sont surtout ses chansons qui nous retiennent ici, dans lesquelles il sait montrer une grande personnalité de ton, alors que le genre fait la part belle aux conventions et aux lois normalement strictement respectées par les trouvères. Conon, lui, n’hésite pas à critiquer l’accueil qu’il a reçu à la cour de France, ou à moquer la dame courtoise, habituellement mise sur un piédestal par ses congénères.

La tradition des trouvères semble être très tôt au cours du XIIe siècle une véritable institution à Arras. La « confrérie de la sainte chandelle » , qui réunit tous les trouvères de la ville, est une des plus puissantes et rivalise avec celles des grands métiers traditionnels, tisserands, bouchers et autres orfèvres. De très grands noms de trouvères jusqu’à la fin de la période courtoise sont arrageois et Adam de la Halle en est un des plus prestigieux. Adam s’est éloigné d’Arras et a fait connaître ses grands talents sous d’autres cieux, notamment à la cour de Charles d’Anjou, jeune frère du roi Louis IX, futur Saint Louis, et roi de Naples et de Sicile. Adam va donner à la chanson de trouvère une impulsion déterminante en écrivant les premiers rondeaux polyphoniques à 3 voix. Il sera également l’auteur des premiers « jeux », les premières pièces de théâtre profane de notre histoire.

Entre ces deux grandes figures majeures, notre programme est un parcours parmi la production lyrique de Béthune et de l’Artois aux XIIe et XIIIe siècles, d’une richesse et d’une saveur extraordinaires.

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