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Troubadours et trouvères : les inventeurs de la chanson

GRATUIT
Les billets ne sont pas en vente
Troubadours et trouvères : les inventeurs de la chanson

Heure et lieu

20 mars à 18:00
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À propos de l'événement

Si vous n'avez pas pu vous inscrire sur notre formulaire en amont, vous pouvez toujours accéder à l'événement en cliquant ici : https://www.youtube.com/watch?v=yGRO5KsnUlY 

Mécénat musical Société Générale est le mécène principal du projet «Diabolus in Musica fête ses 30 ans»

Concert gratuit

La naissance de la chanson en France durant la période romane (fin XIe, XIIe siècle) est un évènement considérable de notre histoire artistique. Elle illustre magnifiquement les aspirations de la société féodale à un art de vivre raffiné, ses désirs, ses tensions. La chanson, comme le roman qui naît d'ailleurs au même moment dans les mêmes cours et parfois sous les mêmes plumes, devient l'expression archétypique de la société féodale. Elle nous révèle les mentalités et les sensibilités des hommes et des femmes de ce temps si lointain durant lequel on tente de discipliner la sauvagerie et la violence des temps anciens grâce à l'amour courtois.

Les troubadours au sud de la France et les trouvères au nord, chacun dans leur langue respective, sont donc les premiers à avoir osé exprimer leurs passions terrestres dans leur langue quotidienne et non plus en latin. Ils inventent pour cela une nouvelle forme artistique et le nom pour la nommer : « canso » en occitan, « chançon » en oïl, forme strophique avec ou sans refrain, mais chantée sur des mélodies originales.

Si l'amour courtois est la principale préoccupation, amour éloigné, inaccessible et sublimé, leurs poèmes abordent néanmoins de nombreux autres sujets, politiques ou religieux, mis en valeur par une grande variété de genres contrastés : chansons de croisade, de toile, de femme, d'aube, jeu-parti, reverdie, pastourelle, sirventois, lai, rondeau, chanson religieuse ou à danser.

Les poésies chantées au cours de notre programme sont écrites dans la langue de tous les jours :  la langue d’oc pour les troubadours et la langue d'oïl pour les trouvères. Chanter ces chansons dans ces 2 langues vigoureuses, ancêtres de celle que nous utilisons tous les jours, constitue pour nous la meilleure façon de comprendre cette époque et d'être touché par ces siècles si éloignés de nous et de notre sensibilité moderne.

Si la chanson des troubadours est née dans une ambiance « courtoise », au sein des cours féodales du XIIe siècle, ce mouvement féodal est déjà en plein déclin au XIIIe siècle et connaît du moins de profonds bouleversements. Dans un rapide et vigoureux élan, la société s'urbanise, se laïcise. Les cours disséminées dans le pays perdent de leur influence économique, politique, sociale. C'est la montée en puissance de nouveaux lieux de pouvoir, de nouveaux centres d'attraction, l'émergence de nouvelles catégories sociales : les villes et leur bourgeoisie, les couvents et leurs clercs au premier rang desquels figurent les Ordres Mendiants. Dans ce contexte, l'art des troubadours se raréfie, disparaît peu à peu et celui des trouvères évolue considérablement. S'il continue à cultiver le haut style de la chanson d'amour aristocratique inventé par les troubadours, il laisse d'avantage de place aux styles plus simples, ce qui ne signifie nullement "populaires". La chanson de trouvère sort de la cour pour atteindre villes et couvents; elle n'en demeure pas moins, à de rares exceptions près, une expression artistique savante, s'adressant aux milieux lettrés, capables de l'apprécier, de la pratiquer, de l'entendre.

Depuis la création de l'ensemble, Diabolus in Musica s'est fait une spécialité du répertoire des troubadours et des trouvères. L'examen attentif des manuscrits qui nous ont transmis ces magnifiques chansons constitue toujours la base de notre travail, afin de restituer ces musiques le plus fidèlement possible. Ce que nous connaissons de façon fiable sur les conditions d'interprétation de l'époque, sur son ambiance culturelle, nous a conduit à faire des choix : le chant est essentiellement soliste quand il s’agit de chansons aristocratiques, l'accompagnement instrumental également, quand il y en a un. L’ambiance doit être intime, presque élitiste, puisqu'il faut imaginer une cour, un poète récitant ses vers devant quelques personnes seulement, susceptibles de pouvoir goûter les raffinements de ses compositions. Puis, courant XIIIe siècle dans les villes du nord de la France, les styles plus simples semblent admettre des effectifs plus différents.

Loin d'être des balbutiements ou des ébauches maladroites, les chansons des troubadours et des trouvères constituent un corpus impressionnant et brillant aussi bien par la délicatesse des poèmes que par son inventivité mélodique.

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